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Quel genre plus décrié que les contes de fées ?

Nous sommes nombreux et nombreuses à les adorer. Mais ils connaissent aussi nombre de détracteurs :

Les contes de fées encourageraient les jeunes femmes à se fondre dans des rêves de romance plutôt que de prendre en charge leur propre vie

Après tout, on le sait bien !

Beauté et intelligence ne vont évidemment jamais de pair, tout comme la beauté existe de manière universelle et objective. 

Mais trève de plaisanteries


Les contes de fées sont une réflexion métaphoriques de notre société

Et quel conte de fée pour donner davantage de pouvoirs aux femmes que la Belle et la Bête ?

Alors certes la leçon du conte qui veut qu’une chose soit aimée avant d’être aimable s’apparente à un poncif.

Nous connaissons tous l’histoire.  La Belle doit s’attacher à la Bête pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle représente. 

Quelle meilleure citation au final que celle du philosophe Sam Keen : « Nous tombons amoureux non en trouvant la parfaite personne mais en apprenant à voir parfaitement une personne imparfaite« .  

Alors bien sûr, l’histoire de la Belle reste avant tout un conte de fée et ne se départit pas d’un certain glamour.

Sublime château enchanté, adorables compagnons magiques, robes scintillantes, bibliothèque époustouflante, bête certes hirsute mais à la compagnie au final plutôt plaisante …

Tout, au total, est fait pour que le conte fasse rêver avant d’effrayer.

Il va sans dire qu’il en aurait été autrement si Belle se retrouvait prisonnière d’un barbu bedonnant au comportement psychotique dans un abri antiatomique comme Michelle dans dans l’excellent 10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg …

… Ou comme Casey aux prises avec une personnalité inquiétante comme celle de Dennis dans le troublant mais non moins magistral Split de M. Night Shyamalan

Pourquoi donc faire de la Belle et la Bête l’étendard féministe des contes de fées ?


Eh bien, comme Joan Gould le relève dans son ouvrage Spinning Straw into Gold, « plus la société est patriarcale, plus l’héroïne se repose sur le héros« 

Or, Belle, elle,  choisit son destin et ne se repose sur personne !

Si le fait d’être différente et de ne pas entrer dans un modèle lui attire l’inimitié et l’incompréhension des habitants de son village, Belle tient bon et se cramponne à ses convictions.

Bien loin d’être dans la passivité d’une Cendrillon ou d’une Aurore attendant patiemment d’être délivrées de leur condition par un Prince bien coiffé, elle se comporte en véritable héroïne et se rend d’elle-même au château de la Bête. 

Par là-même, on peut dire que Belle pose le premier jalon de la lignée des princesses guerrières, maîtresses de leur destin, à l’instar de Mérida dans Rebelle ou Elsa dans Frozen.

La beauté, par définition, est inerte, éternelle et générique, tout ce que la pourtant bien nommée Belle n’est pas. 

Elle repousse l’égotique et sexiste Gaston (l’influenceur fitness de l’époque) considéré comme le meilleur parti de la ville.

Et surtout, Belle aime lire.

Et le pouvoir des livres d’apparaître d’autant plus dans le film de 2017 car ils permettent de voyager dans l’espace et le temps … et par là même d’acquérir la connaissance (après tout Gaston le dit bien « Les femmes ne sont pas faites pour lire, dès qu’elles ont des idées dans la tête, c’est l’horreur« )

Laure-Alice Bouvier @loralisparis @loralisfitness – Photography Laurine Garrido @laurinegarrido

Model : Laurine Garrido @laurinegarrido – Photography @oralisparis

Belle est donc  – bel et bien ! – la première véritable héroïne dans un conte qui apparaît  au final plus proche du roman d’apprentissage.


Le choix d’Emma Watson pour incarner la Belle est également un choix particulièrement juste. Outre être une jeune femme à la beauté discrète mais indéniable, elle est également diplômée en littérature anglaise de l’Université de Brown.

Emma Watson

Rappelons également qu’elle s’est exprimée à l’ONU il y a peu sur l’égalité des genres et l’importance pour les femmes de tous les milieux et de toutes les ethnies de suivre des études supérieures :

« L’expérience universitaire doit dire aux femmes qu’elles ont une valeur intellectuelle, et pas que ça : qu’elles ont leur place dans les hautes sphères« .

 

Model : Laurine Garrido @laurinegarrido – Photography Laure-Alice Bouvier @loralisparis

Laure-Alice Bouvier @loralisparis @loralisfitness – Photography Laurine Garrido @laurinegarrido

Ainsi que le dit très justement Rainer Maria Wilke, « Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions« .

Et si c’était la véritable leçon féministe de la Belle et la Bête ?