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La princesse, la Guerrière et le Chat de Schrödinger #Héroïnes #SpringSummer2016 #Princesses #Partie1

Je vois déjà vos yeux se froncer (très mauvaise habitude à arrêter immédiatement sous peine de ride du lion) quand je vais vous dire que de la physique quantique aux catwalks, il n’y a qu’un battement de cils…

Erwin Schrödinger. Si son nom lui aurait peut-être permis de faire carrière dans la haute couture (Diane Von Furstenberg y est bien parvenue sans changer de nom !), ce brave homme a préféré plancher sur des questions que personne ne se posait. Pouvait-il imaginer qu’un jour ses théories puissent trouver un écho dans les yeux d’Anna Wintour ? A l’inverse, Anna Wintour influencera-t-elle un jour les théories quantiques ?

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En 1935, Erwin Schrödinger, physicien autrichien, a cherché à dégager une théorie (purement intellectuelle, aucun animal n’a été maltraité) permettant de démontrer les lacunes de celle ci :

Prenons un chat. Plaçons le dans une boite hermétiquement close disposant d’un mécanisme ayant 50 % de chance de tuer l’animal au bout de cinq minutes. Le spectateur ne sait donc pas si celui-ci a survécu tant qu’il n’a pas ouvert le contenant (la probabilité est donc de moitié que le chat soit toujours vivant). Pour la mécanique quantique, cet état d’incertitude signifie donc que le chat n’est ni mort, ni vivant, du fait de la superposition de ces deux hypothèses (vous suivez toujours ?).

Les deux possibilités auraient donc alors selon Schrödinger potentiellement généré deux univers alternatifs : le premier où l’animal aurait survécu, le second dans lequel il aurait succombé. Ce n’est qu’en ouvrant la boîte et en constatant l’état du chat, que le spectateur serait propulsé dans l’un des deux univers (l’autre existant toujours parallèlement).

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Le lien avec les Fashion Week semble peut être, à ce stade de la démonstration, relativement (voire même particulièrement) ténu…

Eh bien pas tant que ça : si la théorie du chat de Schrödinger permet de tenter d’apporter une réponse potentielle à l’existence des univers parallèles, les collections Spring Summer 2016 semblent presque apparaître à elles seules comme une manifestation éclatante et surprenante de mécanique quantique.

En effet, si les défilés ont célébré la féminité, il est peu dire que les couturiers en ont non seulement adopté une vision parfois fort surprenante, mais aussi très largement contrastée.

A tel point que si deux tendances se dégagent – d’un côté un été définitivement ethnique, opérant un retour au passé et puisant dans des influences géographiques et temporelles très diverses. De l’autre et inversement ou mieux paradoxalement, un été profondément marqué par la modernité, par les nouvelles technologies  – les couturiers en livrent pour chacune d’entre elles une interprétation tellement tranchée, qu’il semble au spectateur assister à une multiplication des mondes sur les catwalks (vous vous demandiez pourquoi on parlait de « cat »walk ? Vous avez compris !).

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La question se pose donc : le mélange des genres sur les défilés ne peut il pas être appréhendé comme l’illustration d’univers alternatifs ?

 Les tendances spring summer 2016 : une utopie de conte de fée

La féminité estivale 2016 sera ethnique, bohème chic et ouverte sur le vaste monde (après tout le défilé Chanel n’a t’il pas fait une ode au voyage avec son défilé recréant un aéroport au Grand Palais ?).

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Les robes se font fluides, tout en grâce, en délicatesse, et en envoûtante légèreté, comme chez Oscar de la Renta, Missoni, Alberta Ferreti ou encore Chloé

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Drapés (en trompe l’oeil chez Gucci), volants, rubans et imprimés fleuris (comme chez Jonathan Saunders, Philip Lim, Etro) seront les incontournables de notre dressing des beau jours.

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Mais là encore, l’espace temps de la mode la conduit à prendre différents chemins 

1er espace temps : La Reine de Saba

 

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La tendance World a clairement fait sa place sur les catwalks et Valentino donne le ton en rendant hommage à l’Afrique dans sa nouvelle collection : en témoigne particulièrement la somptueuse campagne publicitaire mettant en scène les mannequins au milieu de la Savane de Simba.

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Cette saison, les imprimés à rayures sont partout ! La fashionista de l’été 2016 sera d’abord une princesse africaine : et pour cause ! Pour une allure bohème chic sans chichis, on s’inspirera des imprimés géométriques de chez Missoni. Rayures, zigzags, la collection,  inspirée des tribus Maasai, fait cette saison la part belle aux motifs qui ont fait l’emblème de la maison, convoquant ce qu’Angela Missoni à appelé les « racines de l’humanité ».

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Un seul mot d’ordre : de la couleur : Du bleu, du rouge, du jaune, l’été sera éclatant !

De mon côté, j ‘opte pour la petite robe Diane Von Furstenberg zébrée bleue électrique que j’associe avec des accessoires de la même teinte et un petit blouson en cuir (Helmut Lang)

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Mais ce printemps, nous pourrons aussi être tout autant Esméralda la saltimbanque qu’Anastasia, princesse Romanov

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Pour une féminité toujours bohème mais plus présente et exacerbée, exaltant et convoquant l’esprit des Ballets russes du début 20e chers à Paul Poiret et à Yves Saint Laurent (1976), on choisira des tissus précieux à la brillance métallique et moirée, voire kaléidoscopique, comme chez Etro ou chez Caroline Herrera qui  propose robes scintillantes aux tonalités délibérément plus sombres pour des soirées étincelantes.

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Notre style restera résolument romantique : du long, du long, toujours du long. Côté allure, si les jupes comme les robes, épousent et allongent la silhouette, on opte pour un mélange recherché de dentelles, de soie ivoire, de broderies, de rubans, mais aussi de coton imprimé fleuri.

Toute en délicatesse, la mode printemps été de cette année puise enfin dans les 1001 nuits

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Place à Yasmine et Schéhérazade avec les petits tops courts que l’on associe à des pantalons fluides à l’opacité parfois toute relative mais très sophistiquée (Etro).

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Dans le même sens, Christian Siriano s’est quant à lui inspiré du Maroc pour sa dernière collection (même si les racines semblent parfois lointaines pour certains modèles).

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Coté accessoires, pour un look ethnique, on choisira des bijoux oversize comme chez Marco Bologna, des plastrons colorés comme chez Missoni que l’on associera à un maquillage audacieux. Partisanes d’une allure plus romantique, on se tournera vers les colliers ras du cou vus chez Etro, nous conférant un style de princesse victorienne au port de tête parfaitement relevé par des chignons hauts et sophistiqués.

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L’ambiance romantique, qui sera parfaitement mise en exergue par les robes de vestales d’Hervé Léger feront de nous autant de princesses légendaires, il n’en demeure pas moins que la courbure de l’espace temps opère sur les tenaces un virage catégorique.

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A tel point que la fashionista de l’été 2016 se trouvera catapultée, sinon dans les romans d’Isaac Asimov, du moins dans un film d’anticipation et dans la post modernité.

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A suivre …